C'était vendredi soir après l'turbin, Mais loin du métropolitain, Au Salon des créateurs à Colombes, Pas si loin d'Asnières, donc, Mais on (Béatrice et moi) a quand même trouvé le moyen de se perdre et de tourner en rond (mais quel serait le moyen de tourner autrement qu'en rond, à vrai dire ? Si vous avez la réponse, écrire au blog, qui transmettra)) autour de la belle église en travaux.
Bref, une heure ou presque après notre départ du Hang'art dans la Twingo mobile cabossée, nous franchissons le seuil du moderne espace Avant Seine où côte-côte exposent de nombreux artistes plasticiens, sculpteurs, créatrice textile (Michèle Forest, du Hang'art, on savait qu'elle y était), peintres (Laurent Besson, du Hang'art lui aussi, surprise ! Surprises, on ne le savait pas là, lui).
Deux niveaux d'expo dans une architecture moderne et aérée, des travaux et des oeuvres qui souffrent un peu de la juxtaposition serrée-serrée, et un buffet sympathique : les (bonnes) nourritures terrestres permettent d'affronter avec énergie la déambulation au milieu de la foule. Car foule il y avait.
Et au milieu de la foule, près du bar du sous-sol, les caisses à vin (normal, donc, qu'elles aient été près du bar). De vieilles caisses en bois, à six casiers, peintes, "customisées", "relookées", magnifiées, détournées, récupérées, dans un esprit "récup'art". "Caisse à dire ?", comme le demande avec autant d'à-propos que d'humour les instigateurs de ces drôles de caisses. C'est la rencontre d'une association qui s'appelle SNL (Solidarités Nouvelles pour le Logement) et de 15 artistes qui ont décidé de se mobiliser à fond la caisse (oui, je sais, c'est un peu facile, mais c'était trop tentant...) pour soutenir l'action de l'association :"Agir pour le logement, à côté de chez soi, c'est possible !" Si vous voulez en savoir + sur l'action de cette association, cliquez là.
Ces caisses ne manquaient pas d'air, elles se roulaient, même, à côté d'un drôle d'orgue à musique ou à parfums, kitcho-baroco-rigolo.
En partant, près de l'entrée (s'apprêtant donc pour nous à devenir sortie) des silhouettes féminines, diaphanes et élancées arrêtent notre regard. Nous sommes dans le coin d'"Intentions papier". Des sculptures. Un mobile, entre coquillage et feuillage, qui bruisse au vent de deux ventilateurs accrochés à un pilier comme deux prisonniers au grand mât du bateau des pirates.
Et d'étonnants tableaux petit format colorés aux p'tits papiers serrés, roulés, collés, juxtaposés, entrecroisés, que sais-je encore. Mais c'est beau, évocateur, ça fait rêver, chacun y voit ce que bon lui semble.
L'invitation au voyage, avec Michèle Forest : de fil en aiguillage, Thalys et TGV, parure , texte et textile, tissus de songes. Vous pouvez d'un petit coup de train, filer à Bruxelles ou à Lyon, et voir de jolies choses, qui vous feront rêver.
Tous les détails sur les expos de Michèle sont dans l'agenda.
Y a des mois, comme ça, qui se focalisent sur les activités de l'un ou de l'autre, en l'occurrence, de l'une : Michèle Forest.
Elle fait fort et d'ailleurs, son nom est prédestiné For-est, forte elle est !
Le 8e Salon des Créateurs à Colombes (bon c'est pas loin, mais quand même)
Un musée à Lyon,
Musée des Tissus de Lyon
34, rue de la charité 69002 Lyon Bijoux textiles : au fil de la parure du 15 octobre au 13 février 2011 Alors que le bijou évoque des matières nobles, comme l’or, l’argent et les pierres précieuses, l’exposition « Bijoux textiles, au fil de la parure » dévoile une autre vision des bijoux par le jeu d’entrelacs de fils, de fibres ou de métal tissé. Organisée du 15 octobre 2010 au 13 février 2011, cette exposition se déroule sur trois lieux créant un parcours innovant au long de la rue de la Charité : Musée des Tissus, Artefact et Hall Prince. L’exposition regroupe vingt-sept artistes de neuf pays différents : Certains d’entre eux ont choisi des matières innovantes ou surprenantes comme les ailes de papillon brodées ou du silicone injecté dans de la soie. Des parures impressionnantes ou miniatures qui subliment la femme au-delà des codes et des modes.
Une galerie à Bruxelles,
Et puis, bien sûr, son atelier, à Asnières.
Bref, Le Hang'art est à l'international, qu'on se le dise !
de Baptiste Bessette (Zeugma, 2010, vidéo, s8 et 16mm en vidéo, couleur, sonore, 34 min)
"La mémoire de la bombe atomique et de ses terribles effets constitue l'identité de la ville de Hiroshima, reconstruite autour du Parc du Mémorial de la Paix. Mais l'herbe a repoussé et le temps a effacé les traces de la désolation atomique. Le long de la rivière, les arbres du jardin Shukkeien traversé par l'écrivain Tamiki Hara le matin du 6 août 1945, semblent se dresser depuis toujours. J'ai filmé quelques fragments des multiples mémoires qui se sont déposées dans la ville."
C'est à Montreuil le 1er novembre, mais d'autres films passent ailleurs, dès ce soir 16 octobre. Tout est dans l'agenda. On vous a mis le programme complet, pour le même prix : sympa, non ?
Aller à la fête et au concert... L'association Fitima Europe, qui signe (trop) modestement ses mails "La petite équipe de Fitima Europe" , fait de belles choses. Dédiée à la lutte contre la myopathie en Afrique, Fitima organise le 23 octobre une journée "Fitima en fête" suivie d'un concert en soirée. C'est dans l'agenda.
Lire un livre, aller voir une expo photo et rencontrer le photographe à La Boîte à Lettres... Daniel Fauchon, photographe amoureux de l'Afrique en général et du Maroc en particulier, expose à La Boîte aux Lettres à Asnières. Il y signera son son livre Jemaa el-Fna Figures au présent, consacré aux artisans de la place de Marrakech. C'est dans l'agenda.
Nous aider, nous soutenir... Beaucoup moins plaisant, mais néanmoins inscrit dans nos agendas : des rendez-vous avec des avocats et une activité judiciaires. Si vous avez lu la page Le Hang'art en péril, vous savez que depuis la mort du propriétaire du site, qui était heureux de l'activité culturelle et artistique régnant dans ces lieux, notre association est directement menacée. La plupart des artistes sous-louent leur atelier et leurs bailleurs, locataires du propriétaire, font l'objet d'une procédure d'expulsion. La machine judiciaire est en route et les prochaines échéances pour la fin de ce mois et novembre. Donc ça s'active et ça chauffe mais pour des raisons bien inquiétantes. C'est un feuilleton aux épisodes beaucoup moins plaisants que Hier à Berlin de Béatrice Nodé-Langlois...
En r'venant de leur expo (c'était samedi dernier, à Asnières-sur-Seine, à l'extrême Nord de la banlieue Ouest) j'ai eu envie d'en parler dans ces colonnes.
C'est un collectif de jeunes artistes asniérois, moyenne d'âge 1/4 de siècle (chacun). Ils sont une dizaine à peine, étudiants aux Beaux Arts, aux Arts Déco ou à la FEMIS. Ils vivent encore ou ont vécu à Asnières-sur-Seine et ont pacifiquement investi la cour, le hall et les différentes pièces de la charmante petite maison XVIIIe du marquis Voyer d'Argenson dans la bien-nommée rue du Château, son étonnamment petite chambre et même la très belle cave traversée par une barre à crochets où l'on devait suspendre les victuailles, comme dans la si belle cuisine du Guépard où jambons et saucissons font saliver le spectateur.
L'Alouest n'a pas installé d'appétissants jambons, mais leurs oeuvres se savourent...
Ça commence très fort dans la cour du chââtio avec des photos collées comme des tracts électoraux sur des panneaux d'affichage lui aussi électoral. Je ne vous dis pas ce que représentent ces photos, surprise de la découverte oblige. Viennent ensuite des installations d'inspiration diverse : une surprenante, graphique, aérienne et colorée relecture de Beckett, un genre de jeu de Tangram géant en ardoise, un voyage immobile dans le temps, dans un lieu temporairement délaissé qui sera retrouvé (comme le temps ? ) des céramiques soigneusement disposées et déposées à même le sol ou sur un banc dans la cave du marquis et puis deux films. L'un qui raconte l'histoire de lieux familiers oubliés, revus et redécouverts dans l'objectif d'une caméra Super 8 chinée dans une brocante asniéroise. L'autre est adapté d'une histoire écrite par un marquis (de Sade) et judicieusement projeté dans la petite pièce intime qui servait de chambre au marquis Voyer d'Argenson.
Des marquis, des châteaux, des histoires qui s'installent, des installations qui racontent de belles histoires.
Alors, ces installations ne manquent pas d'air... du temps, elles sont pleines de souffle (normal, le vent d'Ouest...) et ça s'appelle tout naturellement Château gonflé. Moi, ça m'a coupé le souffle, parce que ça m'a vraiment plu ! Vous pouvez y aller le week-end de 10h à 18h ou le samedi d'octobre de la Nuit Blanche (le 2 je crois) jusqu'à minuit.
Vous avez eu la fin du feuilleton de Béatrice, de belles images berlino-asniéroises de L'Abo, voici maintenant des oeuvres en céramique, celles que Parick Loughran expose à partir du 18 septembre dans une galerie parisienne, en compagnie de 16 autres adeptes de la C Ram X !
Hé oui, c'est la rentrée.
Bon on ne va pas en faire toute une histoire, ni vous pondre un roman sur la question. En revanche, un feuilleton... Même d'été...
Voici donc la livraison du dernier épisode du feuilleton estival de Béatrice Nodé-Langlois. Manière symbolique de clore l'épisode vacances. Et remarquez comme le Hang'art pratique avec aisance et talent les correspondances artistiques :
du Berlin, du Berlin et encore du Berlin, mais à chaque fois avec un regard différent.
Le regard. La vision.
Finalement, qu'est-ce qu'un artiste, si ce n'est quelqu'un qui a une vision ? Je vous laisse méditer la question:) et lire la fin de Hier à Berlin. Bonne lecture, Bonne rentrée, ou plus précisément bonne après-rentrée puisque la rentrée, maintenant, c'est du passé !
« Hier », à Berlin. Episode 5, fin
(rappel des épisodes précédents : en visite à Berlin, la narratrice découvre qu’on y écrit « hier » pour dire « ici ». Elle vagabonde au hasard, visite quelques grands musées, puis, en suivant des guides, en arrive à l’art dit « contemporain »)
Tout bien vu, moi, ce qui m’a spécialement... comment dire ? touchée ? frappée ? soufflée ? en matière d’art dit « contemporain », c’est un concentré d’histoires et de l’Histoire. Le bunker Boros, siège de la collection Boros. Une vague allure d’antique temple maya. Mais un authentique et gigantesque bunker de béton bleu, élevé en 1942 par les équipes d’Albert Speer, l’architecte d’Hitler, pour protéger des bombardements alliés entre 2000 et 5000 Berlinois. En 1945, après la défaite allemande, il est transformé en prison pour anciens nazis. En 1957, sous occupation soviétique, il devient le « Bunker-Banane », un immense dépôt pour les fruits et légumes importés de Cuba. La réunification de l’Allemagne en 1990 en fait un mauvais lieu par excellence - celui de la techno, de la drogue, du sexe et de la SM. Jusqu’à ce qu’en 2003, un milliardaire excentrique, pas loin de se prendre pour une incarnation de Goldfinger, le publicitaire Christian Boros, né en Pologne, le rachète. Cinq années de travaux, et, depuis 2008, ce bunker de 5 étages comprend, sous un penthouse avec piscine à son sommet, 3000 m2 pour exposer une collection d’art contemporain. « Ici, on ne sait pas bien ce qui vient de la guerre, et ce qui vient des artistes » souligne la jolie Française archi-diplômée qui nous présente ce bunker et sa collection.
... il y aurait tant à ajouter !
Sous mes paupières
Des milliers d’autres images se pressent encore sous mes paupières. Ainsi à l’hôtel, le dernier jour, la salle du petit déjeuner, pleine de jeunes policiers, tee-shirts noirs blasonnés Polizei et pantalons noirs ceinturés d’armes – pistolets, matraques, menottes, étuis divers.
Le baraqué qui est venu s’asseoir en face de moi avait l’épaule massive. Et le visage droit, régulier et ferme. J’ai pris plaisir à noter la douceur et l’attention qui s’inscrivirent dans ses yeux et ses doigts pendant qu’il se tartinait de beurre une moitié de petit pain, y superposait des rondelles de concombre, de saucisson rouge et d’œuf dur, y ajoutait, en sens contraire, d’autres rondelles d’œuf dur, de saucisson rouge et de concombre, et fermait son sandwich avec un second demi petit pain beurré. Un peu après, je l’ai regardé mélanger dans un bol, sans en rien laisser tomber, un yaourt, un peu de lait, de la salade de fruits et des céréales. Sa maman aurait été contente.
Dans un voyage placé sous le signe de l’art dit « contemporain », c’est une affaire de regard, tout y devient vite installations. Récupérations. Mise en scènes. Photos géantes. J’ai vécu mon face à face avec ce policier soigneux comme une vidéo grandeur nature...
Et comment ne pas voir une autre forme d’art dit « contemporain » dans le bizarre salmigondis de texte que m’a proposé Internet quand j’ai cliqué sur « translate » devant un texte allemand ?
« Christian Boros week-end dernier invité à l'avant-première exclusive de son musée privé de nouvelles dans le bunker de Berlin. La clique internationale d'art a été ravie. Donc, à couper le souffle de l'art contemporain a été présenté rarement. Il a été un couronnement - et pas seulement un complément glamour plutôt cassant Berlin Biennale. Il a été l'aboutissement d'un rêve triomphant fous les collectionneurs : endroit frais, dans le bunker contemporaine nazis monstrueux et que j'ai mis le gâteau sur le dessus de celui-ci ni le Pavillon de Barcelone.
Lorsque afflué samedi soir avec une légère bruine belle, riche et puissant de l'art avant l'immense bloc de béton dans le Reinhardtstraße, nous avons examiné maussade visages. Beaucoup ne sont probablement pas l'habitude d'avoir à affronter la queue jusqu'à ce qu'un videurs larges épaules eux après un examen approfondi de la liste des invités à l'admission accordée
dernier »
Allure burlesque et poétique
Quelle performance, certes, de la part d’une machine dite « intelligente » que de produire ce dégueulis de mots en une fraction de minute ! D’accord aussi : on peut y relever quelques joyeusetés d’allure burlesque et poétique - mais quand même, comme dirait Cervantès, que pena !
Je garde un murmure dans les oreilles - « Je ne peux pas vivre sans toi... Tu as entendu ma déclaration d’amour ? » - quand la jeune femme qui, quatre jours plus tôt, était assise à côté de moi en avion me confie qu’il lui a manqué quelque chose dans la grande machineried’art contemporain que nous venons de parcourir.
Elle dit que c’est : « le cœur et le sentiment ». Je dirais
plutôt : « l’humain »...
Mais est-ce si différent ? Ne sommes-nous pas, elle et moi, en train de réaliser combien tant de dérision, de savoir faire, et d’expertise en communication nous ont peu marquées, quand on les compare à la chaleur et aux tiraillements de nos quatre jours de vie en groupe... à ce que nous a fait éprouver, sans commentaire ni mode d’emploi, un métro désuet qui a dû connaître la RDA... à la splendeur des corps, même souffrants, et même tronqués, déployée au Pergamon et à l’Alte Muséum... voire, au désarroi panique manifesté dans un Musée Juif construit à l’image de ces éclairs volontaristes et foudroyants qui mettent notre humanité en perte d’équilibre, de cohérence, et d’avenir ?
À l'origine lieu de vie et de création sis à Asnières-sur-Seine, dans le pâté de maisons des 28, 30, 32 rue Bernard Jugault et du 39 rue de Nanterre, Le Hang'art est devenu une association, créée par des artistes, ouverte à ceux qui l'aiment.